Accueil international 21/May/2026 04:20 PM

Khan al-Ahmar : Amnesty International dénonce un projet israélien de déplacement forcé « illégal »

Ramallah, le 21 mai 2026, WAFA – Amnesty International a appelé jeudi les autorités israéliennes à renoncer à leurs projets de déplacement forcé visant la communauté bédouine de Khan al-Ahmar, située à l’est de Jérusalem-Est, avertissant qu’une telle mesure pourrait constituer un « crime de guerre ».

Dans un message publié sur le réseau social X, l’organisation affirme que le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, aurait ordonné l’engagement de procédures en vue de l’évacuation des habitants et de la démolition de leurs habitations.

Amnesty International indique également que cette décision interviendrait dans un contexte de tensions liées à des informations faisant état d’une demande du procureur de la Cour pénale internationale visant à émettre un mandat d’arrêt contre le ministre pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

L’organisation rappelle que le transfert forcé de population constitue une violation grave du droit international, pouvant être qualifié de crime de guerre, et dénonce ce qu’elle considère comme une mesure de représailles contre la justice internationale.

Selon Amnesty International, les habitants de Khan al-Ahmar font face depuis des années à des menaces d’expulsion, dans le cadre du plan israélien dit « E1 », qu’elle décrit comme visant à fragmenter la Cisjordanie et à renforcer la division territoriale des communautés palestiniennes.

L’organisation appelle la communauté internationale à intervenir « d’urgence » pour protéger les civils palestiniens et exhorte les États parties à la CPI à défendre l’indépendance de la Cour et à s’opposer à toute forme de pression ou de représailles.

De son côté, Bezalel Smotrich a déclaré avoir été informé d’un projet de mandat d’arrêt international émis par la CPI à son encontre.

Environ 200 habitants vivent dans la communauté bédouine de Khan al-Ahmar, dans des habitations précaires. Ils sont confrontés depuis des années à des tentatives de déplacement liées au projet de colonisation E1, entourés de colonies israéliennes considérées comme illégales au regard du droit international.

La Cour suprême israélienne a, par le passé, validé la démolition et l’évacuation du site dans le cadre de ce projet.

Depuis les accords d’Oslo II en 1995, la zone C de Cisjordanie, où se situe Khan al-Ahmar, est placée sous contrôle sécuritaire et administratif israélien, une situation que les autorités israéliennes ont utilisée pour justifier des démolitions de structures bédouines, selon les organisations de défense des droits humains.

Israël affirme pour sa part que ces campements représentent une « contrainte sécuritaire » et freinent l’expansion urbaine autour de Jérusalem-Est.

H.A

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