Ramallah, le 29 juin 2026, WAFA– Des responsables palestiniens ont affirmé, lundi, que la gestion et la protection des terres étaient devenues un enjeu stratégique face à l'intensification de la colonisation israélienne en Cisjordanie occupée, lors d'un colloque consacré aux politiques foncières organisé à Ramallah.
La rencontre, intitulée « La gestion des terres dans une perspective nationale et de développement face aux confiscations et à l'intensification de la colonisation », a été organisée par la Fondation Yasser Arafat en partenariat avec l'Université Al-Quds.
Les intervenants ont estimé que la gestion foncière ne relevait plus uniquement de l'administration ou du droit, mais constituait, selon eux, un moyen essentiel de préserver la présence palestinienne sur les terres menacées par l'expansion des colonies israéliennes. Ils ont appelé à un renforcement de la coordination entre les institutions concernées afin de documenter les droits de propriété et de protéger les terres contre les confiscations.
Le vice-président de l'Autorité palestinienne des terres, Samer Odeh, a déclaré que l'année 2026 était marquée par une intensification sans précédent, selon lui, des politiques israéliennes de colonisation et de confiscation des terres.
Il a notamment évoqué une décision adoptée par le gouvernement israélien en février 2026, identifiée sous le numéro 3559, qui prévoit la reprise des opérations d'enregistrement foncier dans les zones classées « C » de Cisjordanie. Selon lui, cette mesure réduit les prérogatives de l'Autorité palestinienne des terres au profit des autorités israéliennes et constitue l'une des décisions les plus importantes prises dans ce domaine depuis plusieurs décennies.
Toujours selon M. Odeh, les autorités israéliennes ont confisqué plus de 5 571 dunums (environ 557 hectares) de terres palestiniennes au cours de l'année écoulée au moyen d'ordres d'expropriation et de saisie. Il a également indiqué qu'Israël prévoyait la construction d'au moins 2 721 nouveaux logements dans les colonies de Cisjordanie, ainsi que le lancement d'appels d'offres pour 3 401 unités supplémentaires dans la zone E1, située à l'est de Jérusalem.
Le responsable palestinien a ajouté que la Cisjordanie comptait désormais environ 778 567 colons israéliens, répartis dans 151 colonies et 350 avant-postes. Il a également cité des estimations des Nations unies selon lesquelles la poursuite des déplacements forcés de Palestiniens pourrait ouvrir la voie à une nouvelle expansion de la colonisation sur près de 663 kilomètres carrés de terres.
De son côté, Amir Daoud, directeur général de la documentation à la Commission palestinienne de résistance au mur et à la colonisation, a affirmé que le rythme de création d'avant-postes israéliens s'était fortement accéléré ces dernières années. Selon lui, 12 avant-postes ont été établis en 2022, 14 en 2023, avant de passer à 58 en 2025.
La conférence a également porté sur les politiques de planification territoriale, la gouvernance foncière et le rôle des communautés locales dans la préservation des terres palestiniennes face à l'expansion des colonies.
Les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée sont considérées comme illégales au regard du droit international par la grande majorité de la communauté internationale, une position qu'Israël conteste. Les autorités palestiniennes accusent régulièrement la poursuite de la colonisation de compromettre la viabilité d'un futur État palestinien et de favoriser les confiscations de terres et les déplacements de populations.
H.A



