Ramallah, le 7 août 2026, WAFA – Le Club des prisonniers palestiniens a déclaré que l'annonce faite par le ministre israélien de la « Sécurité nationale », Itamar Ben-Gvir, du renouvellement de l'interdiction des visites familiales aux prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes n'était pas surprenante. Il s'agit plutôt d'une extension d'une politique systématique visant à isoler complètement les prisonniers et à transformer les prisons en espaces clos où la torture, la famine, les exécutions sommaires et les disparitions forcées sont perpétrées en toute impunité. Cela offre au système pénitentiaire une couverture supplémentaire pour continuer à commettre les violations les plus graves contre les prisonniers palestiniens.
Le club a ajouté que le renouvellement de l'interdiction des visites familiales est intervenu peu après la décision de la Cour suprême israélienne déclarant illégal le refus persistant du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d'accéder aux prisonniers.
Cette décision n'a cependant eu aucun impact sur la situation des prisonniers. Les autorités d'occupation ont continué de renforcer leur politique de prévention et d'isolement en refusant les visites du CICR et en renouvelant l'interdiction de visite des familles.
Ceci confirme une fois de plus que les différentes institutions d'occupation fonctionnent selon une politique unifiée visant à créer un environnement propice à la perpétuation des crimes commis contre les prisonniers et à leur isolement total du monde extérieur.
Cette politique empêche tout contrôle efficace de leurs conditions de vie et confère au système pénitentiaire une plus grande impunité, lui permettant de poursuivre ses crimes en toute impunité.
Le club a souligné que le renouvellement de cette interdiction n'est pas une mesure isolée, mais bien un nouveau maillon d'une vaste chaîne de politiques de représailles et de sanctions que l'occupation a intensifiées depuis le début du génocide.
L'objectif est d'isoler complètement les prisonniers et de donner carte blanche aux autorités pénitentiaires pour commettre de nouveaux crimes et violations, atteignant des niveaux sans précédent dans l'histoire du mouvement des prisonniers.
Depuis lors, les prisons se sont transformées en un système global de production systématique de torture, de famine, d'humiliation, de négligence médicale délibérée, de violences sexuelles, de disparitions forcées et d'exécutions sommaires. Ces lieux sont devenus l'un des principaux théâtres de la perpétration quotidienne et systématique d'un génocide contre les prisonniers palestiniens.
Le Club des prisonniers palestiniens a ajouté avoir tenu récemment une série de réunions avec le personnel du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Cisjordanie. Lors de ces réunions, les répercussions catastrophiques de l'entrave au rôle du CICR depuis le début de ce génocide ont été abordées.
Les observations formulées par les institutions compétentes concernant la grave détérioration de la capacité du CICR à remplir son mandat humanitaire ont également été examinées. Cette détérioration est due aux mesures systématiques mises en œuvre par les autorités d'occupation pour saper le rôle des organisations internationales, en particulier du CICR, et les empêcher d'accéder aux prisonniers. Ceci garantit la poursuite des crimes contre les prisonniers en l'absence de tout contrôle de terrain ou de documentation indépendante.
Le Club a souligné que, lors de ses récentes réunions avec le Comité, il a exigé une déclaration claire et officielle informant la communauté internationale du fait que les autorités d'occupation continuent d'empêcher le Comité de rendre visite aux prisonniers, malgré la décision de la Cour suprême israélienne.
Le club a également exigé que le comité divulgue explicitement les obstacles et les procédures imposées par l'occupation pour l'empêcher de remplir son mandat humanitaire, et qu'il déclare clairement le déni persistant du droit des familles de prisonniers de rendre visite à leurs fils. Ceci constitue une violation grave et systématique du droit international humanitaire, des Conventions de Genève et de tous les autres principes juridiques garantissant la protection des prisonniers et des détenus.
Le Club des prisonniers palestiniens a souligné que les autorités d'occupation israéliennes, sous prétexte de l'état d'urgence en vigueur, ont promulgué un large éventail d'ordres et de mesures exceptionnels concernant les prisonniers depuis le début du génocide.
Ces mesures comprennent l'interdiction faite aux familles de rendre visite à leurs proches, ainsi qu'un ensemble de lois et de projets de loi adoptés par la Knesset israélienne. Ces lois offrent une couverture légale à la torture, à la famine, à l'isolement cellulaire et à la privation des droits fondamentaux des prisonniers, transformant les prisons en lieux soustraits à tout contrôle et à toute responsabilité. Dans ces prisons, les crimes les plus graves sont systématiquement commis dans le cadre d'une politique globale visant à perpétuer le génocide en cours contre les prisonniers palestiniens et à en dissimuler les effets à la communauté internationale.
Le Club a réitéré sa demande que le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) reprenne pleinement son rôle humanitaire, tel que garanti par les Conventions de Genève, et prenne des mesures publiques et efficaces à la hauteur des crimes commis contre les prisonniers.
Il a souligné que le CICR ne saurait se contenter d'efforts diplomatiques discrets, qui se sont révélés inefficaces pour mettre fin à ces violations ou les atténuer. Le Club des prisonniers a également appelé le Comité à prendre position clairement et explicitement auprès de la communauté internationale concernant l'obstruction persistante, par les autorités d'occupation, de l'accès aux prisonniers, et à exposer tous les obstacles l'empêchant de remplir son mandat humanitaire.
Le Club a affirmé que le silence ou le recours à des mesures non divulguées ne sont plus acceptables face à l'ampleur de la catastrophe humanitaire qui s'aggrave dans les prisons.
Le Club des prisonniers a en outre souligné que l'inaction persistante de la communauté internationale face à ces crimes, sans mesures efficaces et dissuasives, a encouragé l'occupation à perpétuer ses politiques d'isolement, de torture, de famine et d'agonie, et a instauré une culture d'impunité.
Il a été souligné que priver les prisonniers de tout contact avec leurs familles et empêcher le Comité international de la Croix-Rouge d'accéder à eux ne constituent plus de simples violations de leurs droits fondamentaux, mais font désormais partie intégrante de la mise en œuvre du génocide en cours contre les prisonniers palestiniens.
Une intervention internationale urgente s'impose donc pour contraindre l'occupation à mettre fin à sa politique d'isolement, à rétablir immédiatement les visites familiales, à garantir la protection des prisonniers et à traduire en justice devant les instances de justice internationale les responsables des crimes commis à leur encontre.
F.N


