Ramallah, le 2 février 2026, WAFA – La Commission palestinienne des affaires des prisonniers, le Club des prisonniers palestiniens et toutes les institutions carcérales ont déploré le décès de Khaled al-Saifi, 67 ans, ancien prisonnier et enseignant du camp de réfugiés de Dheisheh à Bethléem, décédé une semaine après sa libération des prisons israéliennes.
Dans une déclaration conjointe, la Commission et le Club ont expliqué qu'al-Saifi avait été libéré dans un état critique en raison des séquelles de sa détention administrative de quatre mois. Ils ont souligné que l'administration pénitentiaire lui avait administré une injection, prétendument pour soigner une grippe, qui avait provoqué une grave inflammation. Une seconde injection a ensuite nécessité son transfert à la prison de Ramleh.
La Commission et le Club ont considéré cet incident comme faisant partie de la politique de « mort lente » menée par l'occupation et ont affirmé que sa libération n'était intervenue qu'après que l'administration pénitentiaire eut pris conscience de la gravité de son état de santé.
Les deux institutions ont confirmé qu’Al-Saifi, fondateur et directeur de la Fondation « Ibdaa » et l’une des figures culturelles, sociales et politiques les plus importantes du camp de Dheisheh, était une cible constante de l’occupation, puisqu’il avait déjà été détenu administrativement à deux reprises depuis le début de la guerre génocidaire, malgré son âge avancé et son état de santé déclinant, ce qui reflète l’insistance de l’occupation à l’éliminer physiquement.
Le communiqué précise qu'Al-Saifi avait été arrêté à plusieurs reprises depuis les années 1980 et qu'il faisait partie des milliers d'anciens prisonniers ayant passé des années de leur vie derrière les barreaux en vertu de la politique de détention administrative, qui a atteint son paroxysme depuis le début du génocide. L'occupation continue de détenir plus de 3 380 personnes en détention administrative sans inculpation ni procès, y compris des enfants et des femmes, avec la complicité des tribunaux militaires.
Les organisations de défense des droits des prisonniers soulignent que les crimes commis contre les prisonniers ne cessent pas avec leur libération. Les prisonniers libérés souffrent de graves problèmes de santé et de détresse psychologique ; nombre d'entre eux ont subi des interventions chirurgicales délicates et souffrent de maladies chroniques et de traumatismes psychologiques consécutifs à la torture, aux violences physiques et aux abus sexuels.
La Commission et le Club des prisonniers tiennent l'occupation pour entièrement responsable de la mort d'Al-Saifi, affirmant qu'il a été tué délibérément. Ils soulignent que plus d'une centaine de prisonniers sont morts depuis le début du génocide, dont 87 dont l'identité a été révélée, tandis que des dizaines d'autres demeurent victimes de disparition forcée.
Le gouvernement d'occupation continue d'appliquer la politique d'exécution des prisonniers, par le biais d'un projet de loi dédié.
La Commission et le club ont salué le courage d'Al-Saifi, rappelant que sa dernière volonté après sa libération avait été de contacter les familles des prisonniers de Gaza pour les rassurer au sujet de leurs fils malades détenus à l'infirmerie de la prison de Ramleh, en leur fournissant les numéros de téléphone qu'il avait réussi à mémoriser.
F.N



