Accueil international 01/May/2026 09:34 AM

Devant la FIFA, Rajoub réclame l’application des règles sans exception

Devant la FIFA, Rajoub réclame l’application des règles sans exception

Ottawa, le 1er mai 2026, WAFA– Le président de la Fédération palestinienne de football, le général Jibril Rajoub, a annoncé que la Fédération avait saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS/CAS), dans le but de trancher le différend concernant les violations présumées par Israël des règlements internationaux du football.

Dans son intervention devant la 76e Assemblée générale de la Fédération internationale de football (FIFA), réunie à Vancouver, au Canada, il a indiqué que la Fédération palestinienne avait officiellement déposé un recours auprès du TAS le 22 avril 2026 et poursuivrait les procédures légales conformément aux règles en vigueur.

Il a souligné que cette démarche ne visait pas la confrontation, mais plutôt à « corriger la trajectoire » et à garantir l’application équitable des règlements à toutes les fédérations membres, sans exception.

« Je me tiens aujourd’hui devant vous avec tout le respect dû à ce Congrès, aux statuts de la FIFA et aux procédures légales. Je parle également au nom de ceux dont la voix n’est pas entendue dans cette salle : les enfants palestiniens, les joueurs, les entraîneurs et les arbitres privés depuis longtemps de leur droit de jouer au football sur leur propre terre », a déclaré Rajoub.

Il a évoqué « un enfant qui a perdu son camarade, une famille qui a perdu son fils, un club sans stade et une communauté privée du plus simple plaisir du jeu ».

Rajoub a affirmé que, depuis des années, la Fédération palestinienne ne demandait rien d’autre que l’application égale des règles de la FIFA, sans favoritisme politique ni exception.

Il a rappelé avoir de nouveau soulevé la question lors du 74e Congrès de la FIFA à Bangkok, réclamant un examen de la participation de clubs issus de colonies israéliennes à des compétitions relevant de la Fédération israélienne de football sur des territoires palestiniens sans l’accord de la Fédération palestinienne, ainsi que des questions de discrimination et de racisme au sein du football israélien.

Selon lui, le président de la FIFA, Gianni Infantino, avait alors qualifié le dossier d’« urgent ». Lors du 75e Congrès, l’affaire a toutefois été renvoyée à de nouvelles procédures.

Rajoub a ajouté que les faits n’étaient plus théoriques, affirmant que la commission disciplinaire de la FIFA avait conclu à de « graves violations » des règlements, contraires aux principes d’égalité, de non-discrimination et de bonne gouvernance.

Il a également souligné qu’en date du 19 mars, le Conseil de la FIFA avait décidé de ne pas statuer sur la proposition palestinienne, tout en infligeant à la Fédération israélienne une amende de 150 000 francs suisses en vertu des dispositions relatives à la discrimination.

Selon lui, cette décision reflète une contradiction entre la reconnaissance de violations et l’absence de mesures décisives pour y remédier.

Rajoub a estimé que la situation sur le terrain restait inchangée, les clubs des colonies continuant, selon lui, à participer à des compétitions organisées par la Fédération israélienne sur le territoire relevant d’une autre fédération, sans son consentement, en violation des articles 64 et 65 des statuts de la FIFA.

Il a insisté sur le fait que la Fédération palestinienne ne demandait pas à la FIFA de résoudre un conflit politique ni de tracer des frontières, mais simplement d’appliquer ses propres règlements.

Il a ajouté que la Cisjordanie et Jérusalem ne sont pas considérées comme des territoires israéliens au regard du droit international, estimant qu’autoriser l’organisation de compétitions sur le territoire d’une autre fédération sans son accord constituerait un précédent pouvant affecter l’ensemble des associations membres.

Rajoub a également évoqué des politiques discriminatoires, affirmant que certaines activités sportives et récréatives organisées dans les colonies seraient réservées exclusivement aux Israéliens, selon des organisations de défense des droits humains.

Il a déclaré que l’absence de sanctions dissuasives malgré les violations constatées affaiblissait la confiance dans le système de la FIFA et donnait l’image d’un double standard dans l’application des règles.

« La FIFA ne repose pas uniquement sur les revenus, mais sur la confiance dans ses principes et sur son engagement envers les droits humains et l’égalité entre les fédérations », a-t-il affirmé.

Rajoub a assuré que la Fédération palestinienne avait respecté toutes les procédures légales, présenté ses preuves, participé aux enquêtes et exercé les recours disponibles, exprimant l’espoir que la FIFA puisse encore traiter la question en interne malgré la saisine actuelle du TAS.

Il a également souhaité que la Coupe du monde 2026 au Canada, aux États-Unis et au Mexique soit une célébration des valeurs du football fondées sur la dignité et le respect.

Il a conclu en affirmant que ce qui était requis n’était « pas davantage de procédures, mais l’application des règles », ajoutant que la crédibilité de la FIFA se mesurait à sa capacité à faire respecter ses principes, même dans des circonstances difficiles.

Il a enfin averti que l’inaction face aux violations risquait de les transformer en précédents, puis en politiques établies, appelant à une solution juste et proportionnée garantissant les droits de toutes les fédérations membres.

H.A

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