New York, le 15 mai 2026, WAFA – Le président palestinien Mahmoud Abbas a affirmé que la question palestinienne demeurait « le plus grand test pour le système international et sa crédibilité », à l’occasion de la commémoration du 78e anniversaire de la Nakba au siège des Nations unies à New York.
Dans un discours prononcé en son nom par l’ambassadeur palestinien auprès de l’ONU, Riyad Mansour, Abbas a déclaré que le peuple palestinien avait le droit de « vivre librement et dignement sur sa terre », de défendre son existence et ses droits nationaux, appelant la communauté internationale à soutenir la réalisation de la liberté et de l’indépendance de la Palestine.
Le président palestinien a estimé qu’« il est illusoire de croire que la paix et la sécurité peuvent être réalisées sans garantir les droits du peuple palestinien, l’indépendance de son État et la fin de l’occupation israélienne ».
Évoquant la Nakba de 1948, Abbas a rappelé qu’environ 950 000 Palestiniens avaient été expulsés de leurs villes et villages lors de ce qu’il a qualifié de « nettoyage ethnique », accompagné, selon lui, de massacres ayant fait des dizaines de milliers de victimes palestiniennes et de la destruction de plus de 531 localités.
Il a affirmé que la Nakba « n’était pas un événement du passé mais une catastrophe continue », accusant Israël de poursuivre des politiques d’expulsion, de colonisation et de dépossession, notamment à Gaza et en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem-Est.
Abbas a également dénoncé la guerre menée dans la bande de Gaza, accusant Israël d’y avoir commis des « crimes de génocide », évoquant des dizaines de milliers de morts et de blessés ainsi que la destruction massive des infrastructures civiles, des écoles, des hôpitaux, des lieux de culte et des habitations.
Le président palestinien a accusé Israël de vouloir étendre ces politiques à la Cisjordanie à travers l’expansion des colonies, les violences de colons, les confiscations de terres et les restrictions imposées aux Palestiniens.
Dans son discours, Abbas a réaffirmé l’attachement de l’Autorité palestinienne à la solution à deux États et salué les efforts diplomatiques internationaux, notamment l’initiative conjointe menée par l’Saudi Arabia et la France en faveur d’une conférence internationale de paix.
Il a indiqué que près de 160 États reconnaissaient désormais l’État de Palestine, après la reconnaissance de 21 pays supplémentaires entre 2024 et 2025.
Le dirigeant palestinien a également affirmé soutenir les efforts de cessez-le-feu à Gaza et appelé à un retrait israélien complet du territoire, insistant sur la nécessité de réunifier la Cisjordanie et Gaza sous « un seul État, un seul gouvernement, une seule loi et une seule autorité ».
Abbas a par ailleurs souligné que le gouvernement palestinien poursuivait un programme de réformes institutionnelles et démocratiques, évoquant l’organisation prochaine des élections du Conseil national palestinien ainsi que des préparatifs pour de futures élections législatives et présidentielle.
En conclusion, il a appelé la communauté internationale à reconnaître officiellement la Nakba comme un acte de nettoyage ethnique conformément au droit international, estimant que « nier cette tragédie ne fait qu’approfondir les souffrances ».
H.A



